L'impact du virus sur l'économie belge

L'impact économique se fera sentir par de multiples canaux. Pour contenir la propagation du virus, d’abord au travers des fermetures imposées des commerces et magasins et autres mesures d’urgence qui ont fortement concerné de nombreux secteurs, parmi lesquels le commerce de détail, les loisirs, le tourisme, l’horeca, le transport et les événements. A cela s’ajoute, indépendamment du secteur, les entreprises non essentielles dans l’impossibilité de mettre en œuvre le télétravail à domicile et les règles de distanciation physique. Si tous les secteurs sont en moyenne négativement affectés, la baisse des ventes ou l’arrêt des ventes à défaut d’e-commerce met en danger les entreprises et indépendants en particulier les plus petites structures qui ne disposent pas d’une trésorerie suffisante pour faire face à une crise qui perdure.

Selon l’Economic Risk Management Group (ERMG), l’impact de la crise du coronavirus sur l’activité des entreprises belges s’élèverait (moyenne pondérée sur la base du chiffre d’affaires de 2019 et agrégée par secteur) à -34 % en 2020 (enquête réalisée entre le 10 et le 16 avril). La perception négative des entreprises sondées est plus marquée dans l’horeca (baisse du chiffre d’affaires de 88 % en moyenne depuis le confinement), le secteur des arts, spectacles et activités récréatives (-83 %) ainsi que la vente au détail – non alimentaire (-83 %).

Conséquence du niveau élevé d'inquiétude (7,2 sur une échelle de 10) induit par la crise du coronavirus, de nombreuses entreprises belges devraient reconsidérer leurs plans d'investissement. Un tiers des entreprises interrogées ont reporté les investissement initialement prévus à une date ultérieure en 2020 ou 2021, tandis qu'un tiers d'entre elles les ont même reportés à une date postérieure encore inconnue. Seule une entreprise sur huit a maintenu ses plans d'investissement.

Outre la baisse des dépenses de consommation et d’investissement (choc de demande), les entreprises de différents secteurs sont confrontées à des perturbations de l’offre (problèmes d'approvisionnement, de rupture des stocks, de liquidité), comme le mettent en évidence les enquêtes des fédérations sectorielles.

En ce qui concerne les échanges extérieurs, le commerce direct de biens et services entre les zones contaminées et la Belgique est sous pression. Notre commerce extérieur est essentiellement orienté vers l’intra-UE, en particulier vers l'Allemagne, la France et les Pays-Bas. Cependant, l'Italie, un des pays européens le plus durement touché, constitue aussi un partenaire commercial important : en termes d'importations, le pays occupe la 7e place, avec des produits principalement issus des industries chimiques et connexes (37 %), des machines, des appareils et des équipements électriques ( 17 %) et du matériel de transport (11 %). En termes d'exportations, l'Italie se classe au 6e rang, y compris les produits des industries chimiques et connexes (36 %), les métaux communs et leurs ouvrages (12 %) et les plastiques et ouvrages en ces matières; caoutchouc et ouvrages en caoutchouc (11 %).

La forte intégration de l’économie belge dans les chaînes de valeur mondiales est également à l’origine d’un effet en cascade : lorsque l’expansion de l'activité économique ralentit dans une région du monde, elle se fait également ressentir dans notre pays, éventuellement via des intermédiaires. La demande finale française, par exemple, représente 6,2 % de la valeur ajoutée belge, la demande allemande 5,6 % et la demande néerlandaise 4,0 %. L'Italie, actuellement durement touchée par le coronavirus, génère 2,4 % de notre valeur ajoutée tandis que la demande finale totale de la Chine représente 1,9 % de la valeur ajoutée belge.

Sur le marché du travail, les entreprises sont confrontées à plusieurs défis en termes d’organisation du travail. D’une part, le télétravail à domicile qui devient, si possible, la règle et, d’autre part, des réductions d’effectifs consécutives à la contamination de leur personnel.

Les sociétés belges impactées par le Covid-19 peuvent, depuis le mois de février, invoquer le régime de chômage temporaire. Selon les données prévisionnelles de l’ONEM du 22 avril, 129.875 employeurs ont introduit une telle demande, ce qui équivaut potentiellement à un total de 1.316.558 travailleurs. Les activités citées ci-après représentent les secteurs ayant enregistré le plus grand nombre de demandes de chômage temporaire exprimé en pourcentage du total de demandes : le nettoyage courant des bâtiments (9,9 %), les activités des agences de travail temporaire (3,3 %) ainsi que la restauration à service complet (3,2 %).

Les premières prévisions par la BNB de la croissance économique du premier trimestre 2020 dans le cadre de son «Business cycle monitor» (9 mars 2020) pointent un ralentissement de la progression du PIB qui reviendrait de 0,4 % en rythme trimestriel au dernier trimestre 2019 à 0,2 % au premier trimestre 2020.

Bien que l’incidence négative de l’expansion du coronavirus sur la croissance semble limitée au premier trimestre, la baisse de la demande et de l'offre, au travers des perturbations dans les chaînes d'approvisionnement mondiales amplifieront les conséquences économiques au deuxième trimestre. L’indice des directeurs d’achat PMI IHS Markit (PMI pour purchasing managers index ) de l’activité totale dans la zone euro fournit un signal important d’entrée de récession, en se repliant de manière spectaculaire en mars pour s’établir à 29,7 (contre 51 en février 2020), soit son plus bas niveau jamais atteint. Bien que l’activité ait reculé dans les secteurs manufacturiers et des services couverts par l’indice, les services affichent la contraction la plus prononcée en mars (26,4 contre 52,6 en février).

Sur la base d’un scénario envisageant un confinement de la population au régime actuel pour une durée de 7 semaines, la Banque nationale de Belgique et le Bureau fédéral du Plan (8 avril 2020) estiment que le PIB réel de l’économie belge pourrait reculer de 8 % en 2020. Un redressement de l’activité (+8,6 %) est envisagé en 2021 pour autant que la phase aigüe de la crise (concentrée sur la première moitié de 2020) ne cause pas de dommage substantiel au potentiel productif de l’économie.

Source: SPF Economie

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